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La miséricorde en communauté

2016 misericordeNul ne disait sien ce qui lui appartenait mais, entre eux, tout était commun  (Ac 4,32). Sans cesse les fondateurs religieux cherchent à imiter cette première communauté chrétienne avec ceux et celles qui partagent leur quête du service de Dieu. Une bourse commune, passe encore, mais qu’un autre s’empare de l’idée que j’ai eue ou intervienne dans mon domaine me fait réagir, au moins intérieurement. Nous voudrions « posséder » l’autre ou ce qu’il a, sans le reconnaître. Alors que notre Dieu est atteint par tout ce qui concerne l’autre.

Moins comptabiliser nos misères …
La vie en communauté nous révèle nos agressivités, nos lâchetés, nos mensonges, notre suffisance qui juge et se justifie. Cette révélation pourrait nous raidir ou nous décourager. Mais voir comment Jésus approche infirmes et pécheurs et les remet debout, en marche, nous sauve de nous-mêmes. Nous sommes pécheurs mais pécheurs pardonnés et aimés. Il nous faut moins comptabiliser nos misères qu’être miséricordieux pour nous-mêmes et pour les autres.

La miséricorde au quotidien
Elle dénoue la violence et la division. Elle s’exprime par des : « s’il te plaît – merci – pardon ». Elle s’exerce dans les services assurés par chacun, au bénéfice de tous ; elle se pratique dans la prière qui élargit le cœur et décentre de soi, dans l’eucharistie qui nous fait communier à l’offrande du Christ. Frère Henri Isambert avait relevé ceci dans des notes de retraite « pour garder la joie » : • Maîtriser ses réactions désagréables
•    Essayer d’effacer sa propre importance
•    S’intéresser à ce qui intéresse les autres
•    Chercher à admirer et à sympathiser
•    Ne pas se plaindre d’un mal invincible.
     
Ne relevons pas sans nécessité les erreurs, les fautes, les infirmités de nos frères et acceptons d’être mal compris ou jugé à tort si cela ne nuit pas gravement à notre réputation. Des critiques, même douloureuses, peuvent nous aider en nous remettant en cause.
Pardonner est le propre de la miséricorde. Cet acte sauve celui qui accepte d’être pardonné comme celui qui offre le pardon. C’est « coûteux » ; il faut beaucoup « prendre sur soi ». Il y faut du temps, de la conversion, du courage (vais-je avoir l’air d’être dans mon tort ?).

La miséricorde est à exercer à l’égard de tous et spécialement à l’égard de ceux auxquels nous sommes envoyés, mais elle commence « à la maison ». N’ayez de dette envers personne si ce n’est de l’amour mutuel écrit Saint Paul aux Romains. Cette dette-là ne sera comblée que par la miséricorde et dans la communion des Trois qui sont Amour.


 Frère Hubert-Louis DE GOY, Prieuré Saint-Joseph -  Lorris (Loiret)

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