Loiret - Marie dans nos vies

« Marie dans nos vies ».
C’était le thème de notre rencontre ce 8 mai 2018 au prieuré de Lombreuil.

Intervention de Sœur Sylvie : « Qui est Marie dans l’Ecriture ? »

Les évangélistes nous parlent de Marie chacun de façon différente :
-Dans Marc elle est citée d’abord comme mère, comme celle qui a pleinement accompli la volonté de Dieu. Elle inscrit Jésus dans une lignée.
- Luc est plus précis sur la naissance et l’enfance de Jésus.
- L’Annonciation : annonce de l’origine divine de Jésus par le Oui de Marie, servante du Seigneur « Que tout soit fait selon ta volonté ». Par ce Oui elle prend tous les risques.
- La Visitation : deux femmes portent la vie au-delà de toute logique
- La Nativité : peu de références à Marie (Marie gardait tous ces évènements dans son cœur)
- Présentation au temple : annonce par Siméon des souffrances à venir de Marie
- Recouvrement au temple : une des rares paroles de Marie : « où étais-tu ? Nous t’avons cherché
- Jean nous parle de la place centrale de Marie dans la mission de Jésus : Les noces de Cana. Marie au pied de la Croix « Voici ton fils, Voici ta mère »
Au-delà de ce très court résumé l’intervention de Sœur Sylvie a été un moment de partage simple et profond.

Trois témoignages : Fr Charles, Sr Odile et Paulette Deweer.

Fr Charles : La dévotion à Marie .
La dévotion à Marieprend source dans son enfance, sa grand-mère lui a appris à prier Marie. La pratique du Chapelet reste pour lui une façon de se confier à Marie. « Marie nous mène à Jésus ». Dans sa mission auprès des gitans il a découvert l’importance de la Vierge dans leur culture et leur pratique religieuse. C’était un point commun qui l’a aidé à les comprendre.

Sr Odile :« Marie, une compagne de vie »
Dans mon enfance, la maman de Jésus avait une grande place dans nos prières : quand on circulait à pied, on la priait avec le chapelet. On lui parlait des situations de nos proches, elle pouvait comprendre nos soucis et on lui  demandait en particulier le retour de papa prisonnier en Allemagne.

Vers 18 ans, je suis allée à Lourdes comme hospitalière. Je reste marquée par la relation de confiance de Bernadette et celle des malades avec Marie proche des petits.

Dans mon parcours de vie chrétienne, Marie a été pour moi une compagne que j’aimais rejoindre à travers ce qui nous est commun, la féminité. Me sentant par moments déstabilisée, je me tournais vers Marie, j’imaginais ce qu’elle avait dû ressentir elle aussi avec sa sensibilité de femme. Je me confiais à Marie lui disant : Tu peux me comprendre et me tenir la main.

Encore maintenant, je me mets devant les événements vécus par Marie : la naissance de son enfant, je la rejoins dans sa présence aimante et angoissée sur le chemin vers la croix et sa douleur au pied du calvaire. Marie est toujours pour moi la présence compréhensive et réconfortante qui m’accompagne. Avec la récitation du chapelet et la prière du Je vous salue Marie je récite une autre formule que Soeur Simone m’avait donnée au noviciat : Marie, réconcilie-nous avec ton Fils, recommande-nous à ton Fils, présente-nous à ton Fils.

Avec Marie vient la réalisation de la Promesse d’un Sauveur qui serait l’aboutissement d’une Alliance entre le ciel et la terre … la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice, le Seigneur donnera ses bienfaits et notre terre donnera son fruit… Ps 84
Où trouver ces pauvres capables d’accueillir le don de Dieu fidèle à ses promesses ? Marie en fait partie, elle est pétrie de cette histoire lue et relue chaque sabbat dans les Ecritures. Elle représente ce peuple petit et pauvre, attendant la venue du Fils du Très-Haut qui apporte le salut.

Dans le récit de l’Annonciation fait par l’évangéliste Luc, les paroles de l’Ange bouleversent Marie, mais elles rejoignent son attente et sa confiance car elle sait que ce moment viendra. Marie consent à mettre sa personne au service de l’œuvre du Seigneur. Elle est dans la joie de voir arriver le bonheur tant attendu par elle et son peuple.
Réciter l’Angélus, c’est se rappeler ce moment-clé de notre histoire sainte, où le « oui » de Marie est l’aurore du salut en Jésus, Fils de Dieu. Je suis la servante du Seigneur, elle offre sa personne à Dieu qui l’a choisie pour être mère de l’Emmanuel, Dieu avec nous.

L’impact pour aujourd’hui. Nous, Sœurs des Campagnes, avons entrepris une recherche en congrégation. Compte-tenu de la réalité qui est la nôtre, nous avons retenu à notre dernier chapitre un texte du prophète Jérémie : Je réaliserai pour vous ma promesse de bonheur… Je vais vous donner un avenir et une espérance. Jér. 29, 10-11
On ne met pas en doute la capacité de Dieu à réaliser encore aujourd’hui son projet de bonheur. Croire en cette promesse ne suffit pas, il nous est demandé d’agir. Parfois nous disons avec Marie : Comment cela va-t-il se faire ?
C’est pour moi une invitation renouvelée à nous sentir choisies pour dire notre oui, le redire encore pour que la Parole prenne chair en chacune de nous et dans notre congrégation.
Nous terminions notre chapitre avec cet appel : osons l’espérance !
Comme dans cet hymne de Tamié où est évoquée la foi de Marie au matin de Pâques : Quelqu’un près de la croix n’a pas douté ; la Femme jusqu’au jour a porté seule l’espoir du monde. Sa foi devance l’heure et sait déjà : Christ est ressuscité ! mais c’est en secret, et Dieu seul connaît la joie dont tressaille Marie.… Marie nous devance et nous accompagne ! Merci Marie !

Paulette nous a partagé l’histoire de sa vie à la lumière de Marie
A part maman, toute ma famille était athée.
Maman fut pensionnaire dans une communauté de Sœurs de St Vincent de Paul. Complètement imprégnée de cette vie de foi : Marie, Jésus, vie d’Eglise, vie dans un cocon, beaucoup de privations, en dehors de la vie du monde.A part maman, toute ma famille était athée, très dur. Ce que maman construisait était laminé par le milieu.
A l’adolescence un couple chrétien très engagé s’est installé près de chez nous. Au fond de mon cœur j’ai senti une petite lumière. Je venais de percevoir les traces d’une nouvelle mère qui me conduit vers la vie. C’est beaucoup plus tard que j’ai trouvé référence dans les Ecritures : Marie située dans un peuple en attente du Messie. Je n’étais pas en attente du Messie mais d’une vie libre, habitée de joie, de respect, de partage et cela m’appartenait de la construire avec d’autres. Ce fut en équipe JACF, accompagnée d’un prêtre de la Mission de France.
Et là commence une démarche de responsable et d’engagée au service des autres. A travers Marie je retrouve la joie, la liberté, la paix, l’espérance. Combien de fois je parle à Marie : Prends ma main, fais-moi retrouver cette pauvreté qui nous unit, montre-moi le chemin de Jésus. Quand ma vie est sombre Marie est là : ne crains rien
A Lourdes je suis souvent troublée par Bernadette, petite fille de milieu modeste, peu instruite, choisie par Marie.
En ce mois de mai, mois de Marie je me sens remplie de joie et de sérénité. Je revis les parfums des fleurs des champs et des jardins pour construire des reposoirs pour honorer Marie.

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Ces témoignages nous ont appelés à nous interroger à notre tour en sous-groupes à l’aide de trois questions :
- Est-ce que j’ai découvert des choses nouvelles ?
Il y a peu de paroles et de récits sur Marie dans les Ecritures, pourtant elle prend une place importante.
- Marie dans ma vie de disciple ; ce qui m’aide ; les difficultés rencontrées ?
Marie est une figure féminine dans une Eglise où les femmes ont toujours eu trop peu de place. Elle nous renvoie à une dimension d’intériorité et d’intimité. Elle est présente, nous guide.
- Comment je me laisse bousculer dans ma vie à l’image de Marie ?
Ça nous a confirmé, renouvelé la force de dire oui à la suite de Marie. Elle nous prend par la main pour nous conduire à Jésus. Elle est porteuse de vie, mais nous, comment sommes-nous porteurs de vie ?

Avant de nous quitter, quelques infos :
- Nous étions 35 participants : Frères, Sœurs et Laïcs. Nous avons échangé quelques nouvelles des uns et des autres, présents et absents. Frère Michel nous a donné les dernières informations du Prieuré de Lorris : poursuite des travaux d’agrandissement et d’aménagement de la maison ; arrivée prochaine du Frère Paul Fruchet, actuellement à Chichery.

- Le 10 juin à Bouzy : rencontre des communautés religieuses et des laïcs associés du Loiret
- Le 22 juin à Lombreuil : rencontre avec les groupes Fraternité du 18 et du 41. Nous assurerons l’accueil et les plats sucrés.
- Prochaine rencontre le 28 octobre sur le thème de la fraternité. Elle sera préparée par Paulette et Jean avec l’aide d’un Frère et d’une Sœur qui restent à désigner.

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