Au rythme du jour...

 

 

Chacune avec toi, chaque heure, qu’avec toi se passe tout le jour… 

DSC00367Dans le matin qui se lève… après ou avant un temps de prière silencieuse, nous voici rassemblées à l’oratoire : c’est l’office du matin ou laudes, ce qui veut dire louanges. Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche chantera ta louange. Oui, dès le point du jour, plus ou moins réveillées, plus ou moins en forme, il est juste et bon d’ouvrir la bouche pour louer Celui de qui nous tenons tout, la Source de Vie, le Dieu d’Amour. Les psaumes nous en fournissent les mots. Et avec Zacharie, le père de Jean le Précurseur, nous bénissons Jésus-Christ, Soleil levant qui vient illuminer ceux qui gisent dans les ténèbres et l’ombre de la mort. Nous recevons cette journée et nous la confions avec tous ceux que nous allons rencontrer, les ruraux, tous nos frères en humanité.

Quand le plein jour illumine : c’est l’heure d’une halte pour refaire nosDSC01792 forces et faire aussi mémoire de la mise en croix de Jésus. Le psaume 118, réparti au long des jours, renouvelle notre désir d’obéir à la Parole du Seigneur. Certains psaumes, comme ceux dits « des montées », nous rappellent notre condition de pèlerins en marche vers un ailleurs, vers le Père.

Quand sur nous l’ombre s’avance : c’est l’heure de chanter le Soleil qui n’a pas de couchant, le Christ, Joyeuse lumière du Père. Les psaumes se font davantage suppliants ; et avec Marie, nous rendons grâces pour les merveilles de Dieu accomplies en elle, en nous et de mille manières visibles et cachées dans le monde.

Et quand la nuit étincelle : avant de se coucher, c’est le moment de demander pardon et la grâce de l’abandon à Celui qui veille dans la nuit pour nous garder du mal, Celui qui a relevé son Fils du sommeil de la mort. Le vieillard Siméon nous entraîne en son cantique : Tu peux laisser s’en aller ton serviteur.

 

Eucharistie, Source et Sommet

DSC01547Cette prière des heures rythme et sanctifie le temps. Elle est comme le rayonnement sur toute la journée de la prière par excellence qu’est l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. Bien que nous ne puissions y participer tous les jours, elle est au cœur de notre vie qui, tout entière, doit avoir une dimension eucharistique.

Nous y écoutons de manière privilégiée la Parole de Dieu dans les Écritures qui sera ensuite étudiée, méditée, priée au long des jours pour en vivre. Elle se fera nourriture, lumière, appel à la conversion, baume de guérison.

Dans l’Eucharistie, nous puisons la charité fraternelle et l’ardeur apostolique. Nous aimons penser que les fruits de la terre et le travail des hommes, toute cette vie partagée avec nos frères ruraux, sont saisies dans l’offrande et l’action de grâces du Christ au Père, qui par l’Esprit fait de nous tous son Corps.

Le dimanche, célébré en paroisse, parfois bien modestement, est un temps fort de communion en Église.

Sur la terre comme au ciel

Trois ou quatre Sœurs ou Frères, à la voix parfois éraillée, cela fait-il une prière liturgique ? Oui ! Nous croyons qu’à travers la pauvreté des signes s’exprime la prière reçue de l’Église, celle d’innombrables priants dans le monde, moines, religieux (ses), prêtres, laïcs ; celle des anges et des Saints. Nous aimons quand des personnes de nos villages, ou des laïcs de notre famille spirituelle, se joignent à nous pour cette prière.

Elle s’enracine dans l’antique prière d’Israël et elle est prière du Christ lui-même en tous les membres de son Corps. Elle dilate nos cœurs étroits aux dimensions de son cœur. En elle sont récapitulés tous les soupirs, les pourquoi, les cris de détresse et de joie de toute l’humanité, les gémissements et la musique de l’univers.

Toutes les autres formes de prière préparent, prolongent, modèlent cette prière liturgique.

Première mission

PTPLes Sœurs se rappelleront que, par vocation, c’est tout spécialement avec les ruraux et pour eux, qu’elles ont à adorer, rendre grâces, demander pardon et intercéder. C’est là leur première mission. (Règle de vie) Oui, la prière, mais en particulier la prière liturgique, est notre première mission.

Mais en même temps, l’humble travail de chaque jour, la vie fraternelle, les engagements au service de nos frères, l’offrande cachée de nos vies ne sont-ils pas une liturgie, un « Sacrifice du louange » au Père ? Et n’ont-ils pas pour but de contribuer à ce que, par la grâce de Dieu, tous les hommes puissent faire de leur existence une réponse d’amour, une Eucharistie pour la gloire du Dieu Vivant ?

Cela nous dépasse, mais un Seul le fait en nous, le Christ, Homme pour nous, Dieu avant nous. (St Augustin)

Sœur Marie-Jeanne BARLATIER

Prieuré Sainte Jalle, Cléon

Chronique n° 253 de décembre 2010 (version pdf)

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