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Frère Léon BONNAUDET (1923-1984)

Lundi 12 novembre, juste après sa fête et la veille de son anniversaire, en l'église de Quatremare, rassemblés autour de notre évêque, du Père Epagneul, fondateur des Frères Missionnaires des Campagnes, et du Frère Jean-Louis, prieur général, les Frères, les Sœurs et sa famille, moniteurs, personnel du Centre, stagiaires, anciens moniteurs, anciens stagiaires et beaucoup d'amis, nous avons célébré la messe d'enterrement du Frère Léon.
Entrecoupés de chants pleins d'espérance et de moments d'un silence très priant, des témoignages ont été donnés sur notre Frère.
Frère Léon a quitté son exploitation agricole des Libaudières, en Vendée, à 35 ans pour entrer chez les Frères selon l'appel du Seigneur. Après quelques années de formation, il a été neuf ans au Prieuré de Pibrac, près de Toulouse, et est venu à Canappeville en 1972, où il travaillait comme chauffeur de tracteur.

Frere Leon BONNAUDET 1923-1984 Bien qu'il n'ait pas été moniteur, il connaissait tous les stagiaires depuis 12 ans, les appelait par leur prénom et pour la plupart, savait ce qu'ils étaient devenus. Il était membre de l'A.S.A.V.P.A. qu'il appréciait beaucoup.

Avec Frère Léon, la vie n'était pas triste. Combien n'ont-ils pas fait avec lui une partie de tarot où il avait de la chance plus qu'à son tour. On se demandait parfois s'il ne reconnaissait pas les cartes rien qu'à voir leur dos ! En tout cas, il était très observateur, et à 50 mètres, distinguait un lièvre d'une hase... Il aurait voulu qu'on soit tous gais comme des pinsons.

Très coloré et souvent blagueur dans ses paroles, il était très simple dans la réalité de sa vie de religieux fidèle, plus préoccupé par l'heure de sonner la cloche, par le traitement des blés ou la cuisine du dimanche midi qu'il assurait souvent, que par les grandes idées - ce qui ne l'empêchait pas d'avoir des connaissances précises de géographie et de s'intéresser à tous les peuples du monde, sur le plan humain et missionnaire.

Alphonse Spriet, son compagnon de travail nous dit de lui : « Frère Léon était bon, foncièrement bon. Jamais on ne l'entendait formuler une critique désobligeante. Il excusait toujours. Il avait sur les lèvres le mot aimable qui fait plaisir. Empressé de rendre service, il le faisait avec tact et modestie ».
Il avait un cœur gros comme ça. Il l'a lâché en pleine nuit. C'est la mort qu'il souhaitait.
Merci, Frère Léon !


Les Frères du Prieuré Notre-Dame-des-Bois
Canappeville (Eure)

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Témoignage d'un foyer ouvrier de Brax
Adieu Léon, Frère et ami...

« Nous ne savons pas l'heure... »
Ce dimanche, à la fin de la messe : une annonce... Ton retour à Dieu.
Un regard avec Jeannot : « C'est notre bon Léon qui nous a quittés, non ! Ce n'est pas vrai... nous ne voulons pas...
Tu es parti si vite, en silence, comme si tu nous faisais une farce, car tu aimais en faire, te souviens-tu ? Vous souvenez-vous Frères de Pibrac ?
Nous revoyons ton visage souriant, toujours heureux. Quand nous sommes-nous connus? Nous ne savons plus... qu'importe. Où ? à Pibrac bien sûr... tout simplement, l'amitié était là, simple et belle ; c'est comme ça chez nos Frères et Sœurs des Campagnes.
Nous nous souvenons de ton accueil chaleureux ; nous nous arrêtions au Prieuré parfois, souvent pour rien... nous étions chez nous ! Pour dire bonjour à toi, à tous, à chacun ! Jouer à la belotte, à la pétanque, partager le repas. Tu venais aussi chez nous.

Homme de la terre, tu aimais la terre, tu aimais ton verger, ta vigne gorgée de vie, les belles fleurs ; on revoit ta fierté dans le chais qui sentait le vin nouveau...
Un jour, l'Office manqué, car nous bavardions dans l'entrée, tu nous as dit « c'est important aussi, le temps qu'on passe avec ses amis ». Tes amis sont nombreux, et tu les as aimés. Tu étais souriant, cordial, aimant rendre service. Brave homme !

Mais sais-tu que c'était « LUI » que nous imaginions dans ton accueil, car la prière à la chapelle, aussi, nous l'avons partagée.
Ton départ de Canappeville... regret de nous quitter, tu n'aimais pas déménager...

Un jour - un an après - à la Profession d'un Frère à Lavannes : « mes amis... mes amis, c'est vrai » la larme à l'œil, c'était bien toi ; quelle joie ! Ce que nous avons pu bavarder !

Ensuite à Canappeville, quelle était belle la Normandie ! Merci à toi, à nos Frères de ce voyage.
Ton souvenir restera parmi tes amis, nos prières sont pour toi. Mais toi, qui vois le Père, demande-lui que tous les hommes retrouvent le sourire ; car le sourire c'est le bonheur...

Adieu, Léon !

Reine et Jeannot, Brax (H.-G.)

 

 

 

 

 

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