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Homélie de Frère Emmanuel Eblé

Lecture Is 53, 1-6 et 10-12   Jn 17, 1-12

Frère Yves nous as quittés pendant le Carême et peu de temps avant le dimanche de la passion.

Ce temps me semble proche de ce qu’a été sa vie pendant ces 2 dernières années.

Certes cela n’a pas été toute sa vie.

Il a été missionnaire pendant de longues années mais tout d’un coup, cet arrêt brutal suite à l’AVC lui donne une autre dimension.

Une longue vie missionnaire qui se termine par un long calvaire, une nuit, mais dans la foi nous croyons maintenant qu’il a trouvé la lumière.

Les textes choisis nous invitent à méditer cela.

Avec Isaïe on pourrait reprendre des paroles et identifier Yves au serviteur souffrant :

Il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire.

Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face.

Certes il n’a pas été abandonné des hommes, de nombreuses personnes sont venues le voir dont souvent sa famille, merci. De nombreux frères ont été là, présents à lui, plus particulièrement Paul et René, merci.

Mais ne nous sentions nous pas souvent dans l’incapacité de soulager ses souffrances, avec l’impression de le laisser seul, à lutter contre ses douleurs.

Ces derniers mots recueillis par frère Paul Morel depuis novembre disaient cela : « J’ai mal…….   Soulève-moi. » “J’ai mal ….   je souffre ….”         « Comment ça va, Yves ?     -      Moyennement. »  

Mais il a eu aussi des mots positifs qui marquaient sa présence aux autres :

« Merci pour ta patience ! »

A la soignante qui lui demande : « Pourquoi ces ‘OH !’ quand on vous manipule ? » il dit « Je m’exprime…. Ça me fait du bien. »                        

Et une infirmière a dit en parlant d’Yves : « Il est adorable ! »      

Et sa dernière parole après un verre d’eau, « MERCI ! ».

Cette présence aux autres, cette écoute, certains qui ont travaillé avec lui pour l’animation paroissiale me l’ont fait remarquer. Des jeunes se souviennent de lui lors de catéchèse et auraient voulu être là aujourd’hui pour aussi lui dire merci.

Alors dans la foi, on croit que le Seigneur portait ces souffrances avec lui : c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé.

Et plus loin il est dit du serviteur souffrant : Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. … Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera.

Que Yves voit cette lumière est maintenant notre espérance.

Dans l’Evangile selon St Jean on lit que : Jésus a promis qu’il donnera la vie éternelle à tous ceux que Dieu lui as donné.

Yves depuis son Baptême et plus particulièrement depuis ses vœux s’est entièrement donné au Christ.

Ce don, il l’a d’abord fait en vivant en communauté avec ses frères, avec des hauts et des bas, et aussi à travers sa vie missionnaire dont son ministère de Prêtre.

Qu’il reçoive donc cette vie éternelle.

Mais cette vie éternelle ne commence pas aujourd’hui, car Jésus nous dit : Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.

Yves a vécu de Dieu et du Christ et il a œuvré pour les faire connaître : On se souviendra que dans le diocèse de Meaux, il a été actif dans divers secteurs pastoraux et plus particulièrement à travers le SPR, le service de pastorale rurale. Il a été aussi très présent dans le catéchuménat que ce soit localement ou pour le diocèse.

Oui on peut reprendre pour lui cette phrase du Seigneur : J’ai manifesté ton nom aux hommes. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donné à faire.

 

En regardant la vie de frère Yves nous pouvons rendre grâce pour ce qu’elle a été mais aussi chercher à poursuivre certaines choses.

Maintenant il continue sans doute à prier pour nous en reprenant les paroles de Jésus :

Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.

Amen

Frère Emmanuel Eblé

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