C’est le Frère Julien SAVARY qui nous rassemble aujourd’hui. C’est pour remercier le Dieu de la vie que nous sommes là.
Nous venons de divers horizons :
Julien est né dans l’Oise. Il a vécu à Marseille en Beauvaisis. Il aimait s’arrêter après Marseille. Il était d’une famille de sept garçons. Il y a sa famille : neveux, nièces, amis. Son frère Nicolas n’a pu venir.
Julien a été longtemps dans l’Yonne à Charny. Il a été salarié agricole, a fait l’ASAVPA, a joué au foot et même a été arbitre. Il a été joué en Allemagne. C’était formidable !
Les Frères lui ont demandé d’aller au Togo, au Burkina puis au Bénin. Son cœur est resté là bas. Son sens du contact lui a permis d’avoir beaucoup d’amis. Julien a formé plusieurs Frères dans leur première démarche.15 ans, cela marque un homme !
Il a vécu aussi quelques années à La Houssaye pour l’accueil.
Son denier prieuré où il a vécu 16 ans, un record disait il, fut Canappeville. Des personnes du Centre de formation, du club Cèdre, de la paroisse sont venues te dire merci de ta joie de vivre Julien.
Et il y a les Frères et Sœurs de différentes communautés : Brienon où il été depuis fin avril, La Houssaye, Canappeville, Chichery, Lorris, Crancey… de Lumigny, Lombreuil, Cheny, Ladon… La communauté c’était important pour lui. Il y a mis beaucoup de son cœur.
Prière Universelle
« C’est formidable d’avoir pu vivre avec mes frères, mes neveux et nièces, d’avoir été chez eux et d’avoir pu les accueillir dans les communautés où j’étais. » Merci Seigneur.
« C’est formidable d’avoir pu vivre avec les ouvriers agricoles. Les conditions étaient parfois dures mais quelle richesse de lutter pour une meilleure formation avec l’ASAVPA, au Centre de Canappeville, parler de notre vie dans le livre : « les ouvriers agricoles au XX ème siècle». » Merci Seigneur.
«C’est formidable ! La JAC, c’est grâce à elle que j’ai pu me développer avec les rencontres en équipe, avec les temps de formation, avec l’équipe nationale. Quelle richesse ! » Merci Seigneur.
« C’est formidable ! J’ai pu vivre 15 ans au Togo, Burkina et Bénin. Si j’avais la santé j’y retournerais. Vivre avec nos Frères Africains dans la même foi en Jésus qui nous aime ! » Merci Seigneur.
« C’est formidable d’avoir pu me donner à Canappeville dans le club des Cèdres, dans le Mouvement des Chrétiens Retraités, dans le Service Evangélique des Malades. Quels échanges ! Quelle présence ! Rencontrer l’autre fait vivre. » Merci Seigneur.
C’est bien, serviteur bon et fidèle
entre dans la joie de ton Seigneur
Mt 25, 23
Sans faire de bruit, Frère Jacques s’en est allé paisiblement dans la nuit du 15 au 16 juin. Il avait 87 ans et était depuis quelques mois à la maison de retraite de Chéroy (89).
Ses obsèques ont été célébrées à l’Eglise de la Houssaye en Brie le lundi 20 juin 2016, suivies de l’inhumation au cimetière du village.
Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul.. Julien n’est pas resté seul - la preuve, c’est déjà notre présence ce soir - Julien savait nouer des relations dans tous les milieux, dans toutes les circonstances. C’est sans doute un trait de sa personnalité, mais c’est aussi lié à sa foi, à sa manière de témoigner de la Bonne nouvelle de Jésus.
Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul, mais s’il meurt il donne beaucoup de fruits. Qu’est-ce que veut dire mourir ? Le grain de blé se transforme, une part de lui-même disparait pour donner la pousse puis plus tard le fruit. Julien s’est laissé façonner par le Seigneur. Il est né en terre picarde, de parents ouvriers agricoles. Lui-même a été ouvrier d’usine, puis agricole. Durant son service militaire, il fait une expérience spirituelle et retrouve de manière plus vivante, plus personnelle la foi de son baptême. Puis il rencontre la JAC (jeunesse agricole chrétienne) Il dira souvent lui-même « ce fut la chance de ma vie ». La JAC qui l’entraine sur des chemins imprévus des responsabilités nationales comme permanent au service des ouvriers agricoles, la JAC qui lui fait rencontrer les Frères Missionnaires des campagnes, et résonner en lui un appel à la vie religieuse.
Si quelqu’un veut me servir qu’il me suive, et là où je suis là aussi sera mon serviteur
On peut dire que Julien est avec Jésus, pas seulement maintenant après sa mort mais depuis toujours, et on peut dire aussi que Julien a rendu présent le Christ là où il passé. Il a été présence du Christ dans ses différentes activités. Il insistait beaucoup sur la formation, et il regardait comme une chance d’avoir fait le stage en élevage au centre de formation de Canappeville. Il a été présence du Christ dans son travail d’ouvriers agricole à Charny dans l’Yonne, et dans ses engagements à l’ASAVPA (Association de salariées agricoles )
Il a été présence du christ en Afrique, au Togo, au Burkina puis au Bénin dans son travail de développement et d’accompagnement des jeunes Frères africains, pays auxquels il est resté très attaché, mais qu’il a du quittés en catastrophe pour raison de santé.
Après un temps de repos à Crancey, il passe quelques années à La Houssaye et rejoint Canappeville en 2000 où il restera jusqu’en avril 2016
Celui qui aime sa vie la perd, celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle nous dit encore Jésus. Julien n’hésitait à donner, son temps, son amitié, ce qu’il avait. Il avait du mal à dire non, ce qui l’entrainait parfois dans des situations difficiles. C’était sa manière d’être témoin du christ, à travers l’accueil, le service, la rencontre, son enthousiasme, sa disponibilité.
Ces derniers mois il a senti ses forces diminuer. Il n’arrivait plus à faire ce qu’il voulait. Il en souffrait au point d’avoir des crises d’énervement, mais avec simplicité il savait le reconnaitre et demander pardon. Très attaché à Canappeville il a généreusement accepté de rejoindre une maison plus adaptée à sa santé. Je l’ai revu à Brienon il y a aujourd’hui 15 jours. Il n’était pas centré sur lui-même mais restait ouvert aux autres. Il m’a remercié pour la carte que je lui avais envoyée de Lourdes 15 jours auparavant.
Ce soir, dans l’Eucharistie, nous pouvons apporter toute cette vie de Frère Julien, qui s’épanouit en vie éternelle. Nous pouvons faire monter vers Dieu un grand merci.
Pour nous y aider, je reprends l’expression de l’un ou l’autre quand il a appris le décès de Julien :
Julien était pour nous tous, famille, enfants, amis en communion, un vrai rayon de soleil, dépassant ses soucis, ses souffrances et ses limites pour nous entrainer dans la foi de la louange. Merci d’avoir été au milieu de nous tout simplement un frère.
Je garde le souvenir d’un homme toujours souriant et toujours positif, un homme de foi.
Je le vois là-haut, souriant, avec le pouce en l’air, nous disant : super, c’est formidable
ou encore : Julien est pleinement heureux. Il a surement été enthousiasme en découvrant le Seigneur dans sa splendeur.
Si le grain de blé tombé en terre ne meure pas, il reste seul ; s’il meurt il donne beaucoup de fruits… Ces paroles en lien avec la vie de Julien sont un appel pour chacun d’entre nous.
Frère Emile Duthoit
Homélie de Fr Paul Fruchet aux obsèques de de Frère Jacques Maître,
le 20 juin 2016 à La Houssaye-en-Brie
« Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. » : 1 Jn 4, 7-10
Notre vie, nous la recevons comme un cadeau. Ce que nous avons de mieux à faire, c’est de rendre grâce, à notre Créateur d’abord. En rendre grâce pour celles et ceux qui sont nos compagnons de route et qui nous aident à développer cette vie, la faire grandir. C’est dans la relation aux autres que se manifeste la valeur d’une vie. Les personnes qui ont rencontré frère Jacques et en premier lieu sa famille et ensuite les Frères qui ont vécu avec lui en communauté ont pu être témoins et bénéficiaires de son écoute attentive, de sa délicatesse, de sa prévenance ; c’était le fruit de sa grande sensibilité ; et il donnait ainsi toute sa valeur au mot de Frère, vis-à-vis de nous ses Frères en communauté et envers les gens qu’il rencontrait.
C’était sa manière de vivre à la suite de Jésus qui a été attentif à toute personne rencontrée, qui allait au-devant des plus faibles, leur manifestant la bonté et la miséricorde du Père. Frère Jacques a vécu ainsi en allant parfois jusqu’à la limite de ses forces.
« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même » : Luc 9, 18-24
En s’engageant à vivre la vie de Frère Missionnaire des Campagnes, frère Jacques a voulu marcher à la suite de Jésus.
La suite du Christ, frère Jacques l’a vécue dans l’humilité : il se disait souvent inférieur aux autres, souvent tracassé parce qu’il aurait dû faire mieux, faire autrement. Au point que c’était parfois gênant pour ceux qui travaillaient avec lui.
« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »
Sa croix, frère Jacques l’a portée dans son corps, dans sa chair. De santé fragile, il lui a fallu du temps pour ses années de formation première. Plus tard, en 1975, à Sainte Sévère (Indre), c’est à l’avant-veille de Noël qu’il a dû partir se reposer, tout désolé de nous laisser son travail à faire.
Porter sa croix à la suite de Jésus, Frère Jacques aurait voulu le faire encore en portant la croix des autres. C’était manifeste quand il revenait d’une visite et qu’il nous disait la grande peine qu’il avait rencontrée chez une personne ou dans une famille.
Porter sa croix, vouloir porter la croix des autres, çà n’empêchait pas Frère Jacques de garder le sourire. Il me plaît de penser que c’est avec ce bon sourire qu’il a vécu le face à face avec son Dieu.
Frère Jacques a achevé son chemin sur la terre. Nous le remettons entre les mains de Dieu notre Père. Que ce Père de miséricorde lui accorde son pardon; qu’il l’accueille dans son amour et dans sa vie.Seigneur, établis maintenant Frère Jacques dans ta paix.
Accueille-le dans ta lumière.
Frère Paul Fruchet
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