Texte lu à la messe des Obsèques de Frère Bernard ROUSSEAU, au nom de la famille par Didier Rousseau.

Je suis le représentant de la famille, sa belle-sœur Janine, ses nièces et ses neveux, nos enfants et petits enfants, pour vous raconter, pas le frère, ni le prêtre, mais l’Homme que nous avons connu, que nous avons aimé toutes ces années et que nous pleurons aujourd’hui.
Je vais essayer de vous présenter toutes les facettes de Oncle Bernard qui aimait à rappeler ces dernières semaines « j’ai eu une belle vie ».
- Généreux et présent auprès de ses neveux, toujours présent et animateur des mariages et baptêmes familiaux et toutes les réunions.
- Disponible et accueillant : au sein d’associations pour aider à sortir de la prison que représente l’alcool, et pour accueillir les handicapés « trisomiques ».
- Spirituel et intellectuel, sa chambre ou plutôt sa bibliothèque en sont les témoins.
- Coquin et taquin, derrière son apparence sévère se cachaient un sourire et un humour bien sympathique pour les petits et les grands, jusqu’au dernier jour il ne s’est pas départi de ce sourire charmeur.
- Tolérant et ouvert aux autres, son engagement dans le rapprochement entre les catholiques et les juifs en était une belle illustration.
- fidèle à la famille et très attaché à ses parents, (Marguerite et Maurice) à son frère (Marcel) et à sa sœur (Geneviève) qui ont été présents dans sa pensée jusqu’au dernier jour, nous aimons à penser qu’il les a déjà retrouvés.
- piètre sportif et mauvais supporter, il ne manquait jamais une occasion de nous rappeler sa délectation à se moquer de ces activités sportives ... par ailleurs très appréciées par certains de ses neveux.
- Le regret de certain d’entre nous’ c’est de n’avoir jamais pu le convertir au scoutisme «ces garçons en short qui passaient leur temps à allumer des feux dans la foret » disait-il !
- son goût très modéré à suivre la mode vestimentaire,
- détenteur heureux d’une foi chrétienne qu’il a su partager et donner en exemple à nous tous.
- toujours souriant et de bonne humeur même dans la maladie et la douleur cachée. - très peu sensible, voire réfractaire aux outils modernes de communication, il avait pris l’habitude de nous écrire de sa main, des lettres de haute portée religieuse et humaine. La lecture en était difficile, ce qui nous obligeait à approfondir son message.
- Il nous parlait souvent de la communauté des Frères Missionnaires des Campagnes qui était tout autant sa famille, avec une tendresse et un respect profond pour le père Épagneul.
Nous avons tous souhaité l’accompagner ces derniers jours. Ces échanges, ces prières, ces souvenirs en commun, nous ont permis de profiter de notre Oncle Bernard jusqu’à son départ et de garder surtout jusqu’au bout, l’image d’un oncle ouvert, souriant et lucide.
Nous voudrions remercier tous ceux qui l’ont accompagné ces dernières années et plus particulièrement ces dernières semaines de maladie, le médecin, le personnel dévoué de l’ehpad de Brienon, ainsi que tous ses Frères et Sœurs Missionnaires des campagnes.
Merci plus particulièrement à Marie Christine d’avoir été pendant toute cette période présente et compétente pour rester le lien familial.
A Dieu. Oncle Bernard
La Houssaye en Brie. Vendredi 21 Septembre 2018.

 

Frère Francois Grabie1933 - 2018

L’Eternel est ma force, mon bouclier.
En lui je me confie . Je veux chanter pour te louer (ps 28, 7)

Frère François Grabié est décédé dans la nuit du 23 août 2018 à Rabastens, à l’âge de 85 ans. Ses obsèques ont été célébrées en l’Eglise Notre Dame du Bourg à Rabastens le lundi 27 août.

2018 Frère Eugène Legemble1934 - 2018

« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisi…pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure.
Jean 15, 16

Frère Eugène Legemble est décédé le vendredi 7 septembre 2018
à la maison de retraite de Rabastens(81), à l’âge de 84 ans.

Homélie de Frère Jean-Louis Lejay lors de la célébration de sépulture
du Frère Bernard Rousseau 21 septembre 2018
Ep 4, 1-7,11-13 ; Lc 9, 18-22

Dans l'enthousiasme et l'angoisse, avec zèle et volonté, avec exigences (pour lui et pour les autres), mais surtout avec confiance en Christ, Frère Bernard a vécu l'appel du disciple et la tâche du ministère, évoquée dans la lettre aux Ephésiens, en cette fête de l'apôtre Saint Mathieu.
Quelques aspects de la vie familiale, à laquelle il était très attachée et de la vie fraternelle chez les Frères, ont été évoqués. Ayant vécu quelques années en Prieuré avec lui et collaboré à un travail sur la spiritualité de la congrégation et les grandes intuitions du Père Epagneul, je souligne seulement ici le lien entre foi, angoisse et mission qui habitait notre Frère au coeur de feu.

Dans les incertitudes du conflit mondial de 1943, le renouveau missionnaire et le peu d'initiatives dans le monde rural, Bernard Rousseau fait la rencontre du Père Epagneul. Il est touché, je le cite, par la chaleur de l'accueil, l'appel à devenir 'témoin de Jésus' dans la fidélité à la consécration baptismale, en vie fraternelle, dans la simplicité, en grande proximité de vie avec les villages, pour amener à la lumière du Christ, Il est l'un des premiers à répondre à l'appel et à se lancer dans l'aventure.

Quand nous pensons à Frère Bernard s'imposent à nous les débuts de la Congrégation. Il est assurément l'un des co-fondateurs. Dans le livre 'Semailles en Terre de France', le Père Epagneul évoque sa collaboration avec lui, le voyage à Rome, à la veille de son ordination, (expérience d'Eglise, rencontre avec Pie XII qu'il m'a encore racontée récemment), les responsabilités confiées, si jeune : premier maître des novices,1er conseiller du Frère Léon Taverdet, 30 ans en responsabilités diverses dans la Congrégation, Cela n'a pas pas été sans le marquer et nous marquer profondément.

Une longue vie, une suite du Christ selon un itinéraire rempli de richesses mais aussi avec bien des tourments à traverser, notamment les remises en cause des années 70 et la rapide évolution du monde, de l'Eglise, et de la Congrégation. Dans un cahier il y fait allusion : il nous a fallu vivre des moments difficiles, mais l'alimentation quotidienne aux sources bibliques, notamment à l’Évangile (Seigneur à qui irions-nous?) nous a permis de tenir et de poursuivre la route. Dans une même souffrance partagée, c'était la même action de grâce pour l'unité maintenue dans la paix. Rude et nécessaire expérience que la fraternité n'est pas toute faite, mais qu'elle est grâce à recevoir et tâche à accomplir pour une authentique orientation évangélique.
Viens et suis-moi...

Le religieux-prêtre-missionnaire gardera au cœur ce qu'il a appris du Père en étant proche de lui : la générosité ne suffit pas pour accomplir l' œuvre de Dieu ; il y faut l'accueil de l'Esprit Saint ; la mission est une participation au regard de compassion et à l'angoisse de Jésus saisi de pitié envers les foules sans pasteur : comment nous y prendre pour assumer cette tâche d'évangélisation dont l'urgence nous brûle le cœur ? disait notre Frère, Et il nous renvoyait à la contemplation de la vie des apôtres plus qu'aux plans pastoraux, dans ses enseignements et retraites aux Frères et aux Soeurs.
Toujours ardent, il nous lançait, ainsi qu'aux paroissiens, de vives interpellations pour bousculer les étroitesses de jugement du monde, ce monde malade, empoisonné, disait-il... nous ne sommes pas assez chrétien s... répondons-nous à notre vocation ? Derrière les invectives, parfois rudes, s'exprimait en fait sa recherche spirituelle et le désir de faire connaître la relation au Dieu-Vivant, personnel... pas un Dieu philosophique ou de convenance sociale, mais celui qui s'est fait connaître dans l'Alliance,

Qui suis-je au dire des foules ? Peu d'intérêt...mais pour vous, pour toi qui suis-je ? Avons-nous entendu ?

S'interroger dans la foi sur le sens des événements du monde, de l'Eglise et de la Congrégation, le Frère Bernard le fera jusqu'à ses dernières semaines. Au début du mois il me disait encore : Frère Jean-Louis, tu as vu ce qui se passe... on n'a jamais vu cela dans l'histoire de l'Eglise...Que sortira-t-il de tout cela ? Enfin, faisons confiance !
Lors de visites nous pouvions profiter de son érudition et admirer l'organisation de son temps avec la place de la lecture, sans omettre sa participation aux humbles activités de la maison de retraite,
Ainsi s'accomplissent les tâches du ministère et se construit le corps du Christ, nous disait l’épître aux Éphésiens.

Tous nous sommes appelés à cheminer, avec nos fragilités et nos talents, vers la pleine connaissance du Fils de Dieu et à parvenir à l'état de l'Homme parfait.
Rassemblés dans une même fraternité familiale, amicale, religieuse, il est juste de présenter à Dieu notre action de grâces, par le Christ, pour tout ce que notre Frère a symbolisé parmi nous.

Frère Jean-Louis LEJAY